Date : Septembre 2003
Source : Lycos.fr

Un groupe Culte
'Dance of Death,' le nouvel album tant attendu d'Iron Maiden, est enfin dans les bacs!
Il est précédé de la sortie du single 'Wildest Dream.' 2003 s'avère d'ores et déjà un grand millésime pour le groupe qui vient juste d'achever sa tournée européenne la plus réussie de tous les temps, se produisant en tête d'affiche de quasiment tous les festivals, jouant devant 700 000 fans en seulement 28 concerts au cours de l'été.

Considéré comme une source d'inspiration majeure par une flopée d'artistes, de Marilyn Manson à Funeral For A Friend, Iron Maiden est toujours en haut de l'affiche! Pas mal, pour un groupe qui a déjà vendu plus de 50 millions d'albums, et a placé pas moins de 30 hit singles....

Le nouveau chapitre de leur carrière remarquable ne fait que commencer. . .

Iron Maiden vu Par Iron Maiden
Quand les memebres du groupe parlent des autres membres, on en apprend de belles sur les personnalités de chacun.. Exclusif!


Steve Harris vu par Janick Gers

J'ai été présenté à Steve et à Bruce à l'époque où Gillan jouait au Hammersmith Odeon, dans les années 1980. Au plan humain, Steve est l'une des rares personnes à qui l'on peut faire cent pour cent confiance. (...)Dans des situations où d'autres groupes se seraient effondrés, ce qui a permis à Maiden de tenir et de continuer à faire ce que le groupe sait faire, c'est Steve, parce qu'il est animé de cette conviction que ce qu'il fait est la chose à faire. Quand tu fais partie d'un jeune groupe et que la maison de disques vient te voir en disant "Il faut que vous arrondissiez votre son, nous on a besoin d'un single," Steve, lui, est le genre de gars dont on a besoin, il va se retourner et leur dire "Allez vous faire foutre!"

Steve a une imagination très fertile, et une approche très simple de l'écriture. Ce ne sont pas des textes intellos - c'est plus profond que ça. Il écrit les choses comme il les voit, et vous avez vraiment l'impression que les paroles viennent du plus profond de lui. A chaque fois que je joue le morceau 'Blood Brothers,' j'en ai la chair de poule, parce que ça touche vraiment une corde sensible. Il a perdu son père quand il était en tournée, et lorsque des trucs de ce genre vous tombent dessus, il arrive que vous vous retrouviez au fond du trou - tout le monde a fait cette expérience - mais être capable de coucher ça sur le papier, ça c'est une autre paire de manches. Quand on lit ses paroles, on y trouve une honnêteté qui s'en dégage, il se livre davantage que dans une simple conversation. C'est une personnalité très, très forte. Sans son énergie et son ambition, il n'y aurait pas d'Iron Maiden, ça c'est une certitude. Il en est le cœur et la source d'énergie.


Bruce Dickinson vu par Nicko McBrain

Je crois que la première fois que j'ai rencontré Bruce, c’était en 1979. Je me souviens, je faisais un billard et Bruce est sorti du studio, il était agité, très bruyant, et je me suis dis "Qui c'est, ce gus?!' Une forte personnalité, qui en éclipsait presque l'homme qui se cachait derrière. Mais quand j'ai commencé à connaître Bruce, je me suis rendu compte que c'était quelqu'un de très intense. Au tout début, quand j'ai rejoint Maiden, c'était quelqu'un de très extraverti, et pourtant, en même temps, il était introverti. Quand il a une super idée, il ne lâche pas le morceau, il prend ça vraiment à cœur; mais il y a des fois où il est tellement absorbé dans ses pensées qu'on le croirait dans un autre monde. Son esprit me sidère. C'est un génie. C'est aussi quelqu'un de complètement lunatique - comme la plupart des génies !
Au tout début, il y avait quelques problèmes d'ego. C'était lui le leader du groupe, et on ne peut pas se permettre d'être en avant dans un groupe comme Maiden et d'être timide et faible. Extérieurement, très peu de choses l'affectaient, mais je sais très bien qu'intérieurement c'est quelqu'un de très sensible.
Il est d'une compagnie tout à fait agréable. Ça s'est tellement bien passé sur la tournée 'Give Me Ed,' et ça va être pareil sur la tournée 'Dance Of Death.' Il me semble que l'apogée sur 'Dance Of Death' sera 'Journeyman', parce qu'on y découvre une facette plus légère de la voix de Bruce. Il y a tout un tas d'émotions plus subtiles que celles qu'il dégage sur nombre d'autres chansons, il fait preuve d'une maîtrise parfaite. L'émotion qu'il met dans ce morceau est phénoménale.


Nicko McBrain vu par Steve Harris
Avec un personnage comme Nicko, impossible d'oublier la première rencontre ! On donnait notre premier concert à l'étranger, en Belgique, et il jouait dans un groupe qui s'appelait McKitty. Il était assis à la terrasse d'un café, vêtu d'un costume blanc, coiffé d'un panama, avec au pied des pompes ultra pointues. Vu la manière dont il était fringué, moi j'ai cru que c'était un mac ou je ne sais pas quoi. Un vrai personnage, plus grand que nature, et il a toujours été comme ça, et le sera toujours. Il avait un coup dans le nez, et il bavardait. Et je me suis dit "Bon sang, qui c'est ce zozo?"
Faire sa connaissance, ça a été une sacrée expérience, et ça l'est toujours, ce type est une tornade. Je suppose qu'il s'est un peu calmé au fil des ans, mais pas énormément -- d'ailleurs personne n'a vraiment envie qu'il s'assagisse.
Il jouait dans Trust quand ils ont fait notre première partie en 1982, et nous on trouvait que c'était un batteur fantastique. Alors quand Clive a quitté le groupe, on a approché Nick et on lui a demandé s'il avait envie de faire un essai avec nous. Et ça a tout de suite collé.

Techniquement, c'est un excellent batteur, et il peut jouer toutes sortes de musiques. Les batteurs des autres groupes s'assoient derrière pour voir ce qu'il fait; il place sa batterie de telle manière que la moitié du temps il ne regarde même pas où il cogne. Il se contente de baisser la tête et de jouer. C'est sur l'album 'Dance of the Death' que son nom apparaît pour la première fois dans les crédits auteur/compositeur chez Maiden. Il était temps ! Mais ça y est, maintenant, la pompe est amorcée, et j'espère qu'il apportera d'autres morceaux à l'avenir. Tout nouvel apport en termes d'écriture est une bonne chose, et dans ce groupe chacun est invité à mettre la main à la pâte; le seul critère c'est que ça a intérêt à être vachement bien !


Adrian Smith vu par Bruce Dickinson

Quand j'ai rencontré Adrian pour la première fois, moi j'étais dans Samson, et lui venait juste de rejoindre Iron Maiden. On n'arrêtait pas de se croiser dans différents studios, nous on faisait le deuxième album de Samson et lui était sur 'Killers.' C'était le petit nouveau du groupe, et moi j'étais rudement impressionné par son jeu de guitare. Et puis il était rock'n'roll à fond : tout maigre, le teint blafard, il avait l'air vraiment cool!
Dans un monde qui grouille de guitaristes interchangeables qui ont tous étudié la même chose et finissent par avoir tous le même son, Adrian a développé un style qui lui est vraiment propre. Son jeu paraît nonchalant, on dirait presque que les notes tombent les unes sur les autres, mais en fait ce n'est pas le cas. Ce qui se passe c'est que l'on reste suspendu à chaque note qu'il joue, parce qu'on ne sait pas vraiment ce qui va se passer ensuite.
Je pense que l'un des plus grands morceaux qu'il ait jamais composé figure sur le nouvel album : 'Paschendale.' Quand j'écrivais et je composais avec lui pour l'album j'ai remarqué qu'il avait plein de Siegfried Sassoon et autres livres de guerre étalés tout autour de lui, et il se documentait pour ce morceau. C'est un titre fantastique, qui évoque à merveille la terrible période de la guerre - une pièce musicale impressionnante de dix minutes.
La philosophie d'Adrian, il me semble, remonte à un truc dont on a parlé un soir de beuverie. Il s'était retourné et m'avait dit : "Le truc avec moi, c'est que tout ce qui m'intéresse c'est de chanter un peu et de jouer," et ça c'est la base de tout ce qu'est Adrian.


Janick Gers vu par Dave Murray

J'ai vu Janick sur scène avant de le rencontrer effectivement. J'ai vu ce showman flamboyant qui dansait sur scène et jouait magnifiquement de la guitare, et je l'ai trouvé absolument génial. Ensuite il est venu à plusieurs de nos concerts, et j'ai fait sa connaissance en coulisse, au bar, et immédiatement on s'est bien entendus - c'était un type vraiment sympa.

En 1990, quand Adrian a quitté le groupe, Janick venait juste de travailler sur l'album de Bruce, ('Tattooed Millionnaire') et évidemment il allait être le premier sur la liste des remplaçants potentiels.
Il est venu aux répétitions, et les amplis avaient été placés face à face, d'un mur à l'autre, ça faisait comme dans une sorte de duel façon western, genre 'Le bon, la brute et le truand,' si ce n'est qu'ils voulaient tous les deux êtres Clint Eastwood ! On a fait 'The Trooper', on n'a pas tergiversé, pas de mise en train genre 'Allons-y, mettons-nous tranquillement au boulot ensemble,' non. Ça a été, one, two, three, four… bang! Et immédiatement ça a fait des étincelles dans la pièce ! On s'est tout de suite rendu compte que ça allait fonctionner. C'était vraiment excitant de jouer avec lui, et ça donnait au groupe un coup de pied au derrière bien mérité.

C'est un type en or, quelqu'un de très intelligent, avec un formidable sens de l'humour. C'est un type très sociable. Il adore se faire de grandes virées à pied, surtout en tournée. Il va se taper une promenade de trente bornes, et au retour il va s'arrêter dans tous les bars !
C'est lui qui a composé le morceau 'Dance of Death,' et là il y a vraiment tout, de la guitare mélodique tranquille et un peu sombre aux riffs vraiment heavy, mais réalisé de la manière la plus somptueuse, à la fois douce et appuyée, avec bon goût. Ce morceau est une sorte d'alphabet, on y retrouve toutes les lettres, de A à Z.


Dave Murray vu par Adrian Smith

Dave et moi, on a grandi dans le même quartier de Londres, et il me semble qu'on a dû se rencontrer à la MJC, par l'intermédiaire d'un ami commun.
Au début, quand je l'ai rencontré, c'était un taré d'Hendrix, et il adorait Robin Trower et Santana, mais je crois que ces temps-ci il préfère les trucs d'inspiration plus blues. Dave Murray et moi, on a continué pendant quelques années à jouer ensemble, jusqu'à ce qu'il décide d'élargir ses horizons, et finalement il a rejoint Iron Maiden. Moi j'ai continué au sein du groupe qu'on avait monté, qui est devenu Urchin; en fait, il est revenu dans le groupe un certain temps après s'être brouillé avec le chanteur d'Iron Maiden, mais il a fini par retourner avec eux. Avant de faire leur premier album, les gars d'Iron Maiden m'ont demandé de les rejoindre, mais comme ça marchait plutôt bien pour mon groupe, j'ai décliné. Puis ils m'ont relancé en 1980. Je crois que Dave m'a dit au téléphone : "Ecoute, je crois que c'est vraiment ce que tu devrais faire," et j'ai suivi son conseil.
Un autre truc épatant avec Dave c'est qu'il a toujours le sourire. Il a une bonne énergie, ce qui est toujours une qualité précieuse dans un groupe.

C'est un guitariste de haut niveau, alors difficile de dire quels sont ses meilleurs moments dans 'Dance of Death.' Le titre 'Rainmaker' est l'un de mes préférés, il l'a écrit avec Steve, oui, je dirais celui-là.

Dans Iron Maiden, le spectre est suffisamment large pour que chaque guitariste puisse s'exprimer. Quand on parle de Dave, l'expression qui vient immédiatement à l'esprit c'est "Laissons parler la musique." Il a toujours su magnifiquement s'exprimer avec sa guitare.

Il a son style à lui et un son qui lui est propre, et ça c'est quelque chose de rare. Tous les guitaristes en rêvent, et pour lui ça a toujours été comme ça, même à l'époque où il venait juste de commencer. On pouvait se brancher sur le même ampli, tout de suite, lui, il avait un son particulier. Si tu entends Dave jouer, tout de suite tu sais que c'est Iron Maiden.