Date : Novembre 1986
Source : Enfer Magazine n° 42
Chronique de Pierre Thiollay

Intro guitare... Dès les premières notes de "Caugh Somewhere In Time", chanson qui a donné son titre à l'album, on est, à la fois, fixé et tout à fait rassuré sur le bonne santé d'IRON MAIDEN. Il faut dire que cela faisait presque deux ans qu'on n'avait plus eu de ses nouvelles, depuis "Powerslave" exactement, si l'on excepte leur fantastique double album live, "Live After Death", témoin de leur fabuleuse tournée mondiale des années 84-85. Guitare, batterie, basse, chant, par ordre d'entrée en scène...
Pas de doute, le "grand" Iron Maiden est de retour, en pleine forme, comme bonifié après leur dernière année sabbatique passée à enregistrer cet album.
II n'est aucunement question qu'ils jouent des rôles de figurants dans ce rock and roll circus qu'ils semblent tout particulièrement affectionner. Non, ils veulent nous prouver que seule la plus haute marche du podium leur convient. Et "somewhere In Time" est certainement un album à la hauteur de leurs ambitions.
Tenez, prenez la chanson qui ouvre cet album, K.O. d'entrée. Les guitares du duo Murray/Smith font merveille, la batterie de l'ami Nicko martèle sévère, et, pour compléter le tableau, la basse qui tue de Steve Harris et la voix puissante et, maintenant, parfaitement en place de Bruce DICKINSON. "Wasted Years", chanson d'espoir qui nous invite à ne pas regarder en arrière mais, bien plutôt, à construire l'avenir, est, à mon avis, un "tube" en puissance avec toujours cette rythmique omni présente, basse/batterie.
La première face se termine avec deux titres, « Sea of Madness » et « Heaven can wait », où, là encore, les membres du groupe nous démontrent leur grande virtuosité musicale dans un registre classique mais qui n'exclut pas une certaine recherche, témoin cette intro planante à la guitare dans "Heaven can wait".
La deuxième face commence avec "Loneliness of the long distance" un titre mené à un train d'enfer. Pas le temps de souffler. "Stranger in the strange land", avec son riff sorti tout droit d'un disque de Deep Purple. Mais, après tout, il n'y a pas de honte à s'inspirer des meilleurs.
Et, pour conclure en fanfare, deux titres très forts. "Déjà Vu" et ses superbes chorus de voix, et enfin "Alexander The Great", véritable pièce musicale construite comme une saga, qui nous plonge tout droit dans l'antiquité, un thème cher à son auteur, Steve Harris. Ça commence tout en douceur, avec une intro majestueuse, des roulements de tambours très martiaux, puis l'accélération devient progressive, pour terminer dans un délire de sons aux guitares saturées.
Bref, du bon et grand IRON MAIDEN, "Somewhere In Time", à n'en pas douter, réjouira les fans du groupe. Quant aux autres, ceux qui n'ont pas encore découvert ou craqué sur MAIDEN, et bien qu'il ne rate pas l'occasion avec cet album qui est à même de convertir les plus réticents.

Note : C'est dans ce même numéro que Iron Maiden se retrouve second du Top 30 du Magazine avec "Somewhere In time" (derrière Master Of Puppets - Metallica) et 15ème avec "Live After Death". Le single "2 minutes to midnight" est second (derrière Creepind Death - Metallica).


"Somewhere In Time"
(EMI-Pathe Marconi. PM 264.24.0597)